Message du Président de la BIDC à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption (9 décembre 2023)

  12/12/2023  
Message du Président de la BIDC à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption (9 décembre 2023)

Le thème de cette année, « Unir le monde contre la corruption », constitue un puissant appel à l’action en cette journée consacrée par les Nations unies à la commémoration de la lutte mondiale contre la corruption.

La corruption, en ce qu’elle détourne des ressources déjà rares, entrave le financement direct des projets et programmes, tout en induisant des coûts supplémentaires que les gouvernements et les acteurs du secteur privé se trouvent dans l’incapacité de couvrir. Au-delà de cet impact direct, nous devons également garder à l’esprit la nature fondamentalement destructive de la corruption. Elle fragilise des économies déjà en difficulté et exacerbe la pauvreté, entraînant une recrudescence de la criminalité, de la violence et des risques de conflit ou d’autres formes d’instabilité. La corruption n’est donc pas seulement préjudiciable à l’activité économique, elle a aussi un impact négatif sur notre bien-être collectif en tant que société.

Transparency International administre un indice de perception de la corruption (IPC) qui classe les pays du monde en fonction du niveau perçu de corruption du secteur public, sur une échelle allant de 0 (très corrompu) à 100 (pas de corruption). En 2022, le rapport de l’IPC indique que « la majorité des pays ne sont pas en mesure d’éliminer la corruption », ce qui signifie que la plupart de ces pays ne sont pas en mesure d’atteindre le score « 100 » en matière de corruption.

Chers collègues, en tant qu’acteurs de l’écosystème du financement du développement avec une connaissance directe des obstacles à surmonter pour obtenir des ressources à l’usage des États et des opérateurs économiques du secteur privé, ces statistiques devraient nous préoccuper. Cela signifie que l’environnement économique dans lequel nous nous trouvons est miné par une utilisation inefficace des fonds qui conduit à des initiatives inefficaces ou infructueuses.

Pour endiguer cette tendance croissante, les États ont le devoir de promouvoir activement des mesures visant à éradiquer la corruption à tous les niveaux et de veiller à ce que les autorités publiques, les entreprises et les autres acteurs du développement agissent dans l’intérêt collectif et pour le bien-être de leur population. En outre, au niveau individuel, nous devons adopter une position collective et unanime de non-tolérance de la corruption, sachant que ses conséquences sont multiples et préjudiciables à la société dans son ensemble.

En vérité, le coût réel de la corruption reste difficile à quantifier. Comment mesurer l’impact des investissements et des projets qui ne se concrétisent jamais à cause de la corruption ? Comment calculer le niveau d‘augmentation qu’elle ajoute aux primes de risque au point de dissiper les retours sur investissement ?

Mesdames et Messieurs, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de faire abstraction de la corruption. Par conséquent, j’invite tous les membres du personnel, les clients de la Banque et nos partenaires à s’engager à éviter tout ce qui pourrait nuire à l’efficacité de nos opérations ou rendre plus difficile le financement de projets au profit des communautés de la CEDEAO.

Vive la CEDEAO !

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