
Performance macroéconomique
Tableau 1 : Aperçu de quelques indicateurs macroéconomiques

En 2023, le Burkina Faso a enregistré une croissance du PIB de 3,6 pour cent, contre 1,8 pour cent en 2022, soutenue par la croissance du secteur des services. Les activités agricoles et minières ont souffert de l’impact de l’insécurité, ce qui a entraîné des contributions modérées au PIB. L’inflation moyenne a nettement diminué, passant de 13,8 pour cent en 2022 à 0,9 pour cent en 2023, grâce à la baisse des prix des denrées alimentaires, des boissons alcoolisées et non alcoolisées. Le solde budgétaire s’est réduit à -6,8 pour cent du PIB en 2023, contre -10,7 pour cent en 2022, en raison d’une augmentation des recettes et d’une baisse des dépenses. Le ratio dette/PIB a toutefois augmenté, passant de 58,4 pour cent en 2022 à 61,9 pour cent en 2023, tandis que le solde du compte courant s’est détérioré, passant de -7,2 pour cent du PIB en 2022 à -7,9 pour cent du PIB en 2023.
PERSPECTIVES
En 2024 et 2025, l’économie devrait enregistrer une croissance significative, s’établissant respectivement à 5,3 pour cent et 5,5 pour cent, soutenue par les prix favorables des produits de base, en particulier de l’or. L’inflation moyenne devrait s’accroître sensiblement pour atteindre 2,2 pour cent en 2024, principalement en raison de l’augmentation des prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des prestations de services publics, avant de diminuer légèrement pour atteindre 2,1 pour cent en 2025. L’assainissement budgétaire devrait se poursuivre, entraînant une nouvelle baisse du solde budgétaire à -5,7 pour cent du PIB en 2024 et à -4,7 pour cent du PIB en 2025. Le ratio dette/PIB devrait rester sur une trajectoire ascendante, pour atteindre 63,6 pour cent en 2024 et 63,4 pour cent en 2025. Le pays devrait parvenir à réduire le solde du compte courant à -6,3 pour cent du PIB en 2024 et à -4,6 pour cent du PIB en 2025.
DÉFIS À RELEVER
Le Burkina Faso devra composer avec des relations commerciales restreintes avec la CEDEAO si le pays quitte la Communauté comme prévu. Cela aura un impact négatif sur les prix et plongera une grande partie de la population dans la pauvreté. La croissance de l’activité économique en sera affectée, de même que les échanges commerciaux avec le reste des pays de la sous-région (environ 18 pour cent) pourraient être soumis à des barrières tarifaires et non tarifaires. En outre, l’insécurité reste un facteur de risque important pour le pays, étant donné que l’insurrection dans le nord du pays n’a pas été surmontée. La menace de l’insécurité, associée à l’instabilité des précipitations, constitue un risque majeur pour la production agricole.