
Performance macroéconomique
Tableau 1: Aperçu de quelques indicateurs macroéconomiques

En 2023, l’économie de la Guinée-Bissau a connu une croissance de 4,2 pour cent soit un taux identique à l’année 2022, les secteurs de l’agriculture et de l’industrie (en particulier les travaux publics) ont été les moteurs de cette croissance de l’activité économique. Les exportations de noix de cajou ont été faibles. Toutefois, le solde du compte courant s’est légèrement amélioré, passant de -9,5 pour cent du PIB en 2022 à -9,4 pour cent en 2023. L’inflation moyenne a baissé à 7,2 pour cent, toujours considérée comme extrêmement élevée dans la zone UEMOA, contre 7,9 pour cent en 2022. Une croissance de 12,8 pour cent des dépenses, contre une croissance de 1,8 pour cent des recettes, a contribué à l’élargissement du solde budgétaire à -7,6 pour cent du PIB en 2023, contre -6,1 pour cent en 2022. Le ratio dette/PIB est passé de 80,4 pour cent en 2022 à 77,8 pour cent en 2023.
Perspective
Selon les projections, la croissance de l’activité économique devrait rebondir à 4,9 pour cent en 2024 et augmenter légèrement à 5,0 pour cent en 2025, tandis que l’inflation devrait ralentir atteignant 4,3 pour cent et 3,2 pour cent en 2024 et 2025, respectivement. Le ralentissement de l’inflation devrait soutenir la croissance de l’activité économique grâce à la forte demande du secteur privé. Le solde budgétaire devrait s’améliorer pour atteindre -3,8 pour cent du PIB en 2024, puis -3,0 pour cent en 2025. Le ratio dette/PIB devrait se réduire pour atteindre 76,5 pour cent et 74,0 pour cent en 2024 et 2025, respectivement. De même, le solde du compte courant devrait s’améliorer pour atteindre -7,3 pour cent du PIB en 2024 et -6 pour cent en 2025. Cette amélioration devrait être due aux mesures prises pour stimuler les exportations de noix de cajou, notamment l’ouverture de nouvelles frontières terrestres pour faciliter les exportations, réduisant ainsi la contrebande.
Défis à relever
En 2023, la Guinée-Bissau a pâti de la faible demande de noix de cajou, ce qui s’est traduit par de faibles recettes d’exportation. Si cette situation se reproduit en 2024, le solde du compte courant se dégradera et les agriculteurs, déjà éprouvés par les effets du changement climatique, seront démoralisés. Le pays a un passé marqué par l’instabilité politique, avec une menace constante qui doit être contenue. L’augmentation des cours internationaux du pétrole brut pourrait se répercuter sur l’économie et compromettre les efforts d’assainissement budgétaire, tout en exerçant une pression à la hausse sur les prix.