
Performance macroéconomique
Tableau 1: Aperçu de quelques indicateurs macroéconomiques

En 2023, les sanctions ont fait chuter la croissance économique du Niger à 1,4 pour cent. Elles ont eu un impact négatif sur l’approvisionnement en électricité, en particulier en provenance du Nigeria, et ont affecté le commerce de transit avec ses voisins de la sous-région, tout en rendant le marché régional des capitaux inaccessible au pays. Ces sanctions ont également affecté les dépenses publiques, avec des cas signalés de retards dans le paiement des salaires dans la fonction publique. En conséquence, les recettes et les dépenses publiques ont diminué de plus de 20 pour cent. L’inflation moyenne a pu être ramenée à 3,7 pour cent en 2023, contre 4,2 pour cent en 2022, car la consommation publique et privée a chuté de manière drastique. Le solde budgétaire a nettement diminué pour atteindre -5,5 pour cent du PIB en 2023, tandis que la dette publique a augmenté pour atteindre 51,8 pour cent du PIB en 2023, contre 50,7 pour cent du PIB en 2022. Le solde du compte courant s’est amélioré, passant de -16,2 pour cent du PIB en 2022 à -12,8 pour cent du PIB en 2023.
Perspective
L’économie nigérienne sera soutenue par le début de l’exportation de pétrole brut par oléoduc via le Bénin en 2024 et au-delà. Cependant, des pannes d’électricité intermittentes limiteront la croissance économique à court terme, par rapport aux projections antérieures. La croissance économique devrait s’accélérer pour atteindre 6,7 pour cent en 2024, puis 7,7 pour cent, principalement en raison de l’impact des exportations de pétrole brut. L’inflation moyenne devrait baisser à 2,5 pour cent et à 2,1 pour cent en 2024 et 2025, respectivement, à mesure que les pressions inflationnistes liées aux sanctions économiques et financières s’atténuent. Le solde budgétaire devrait poursuivre sa trajectoire baissière, se réduisant à -4,1 pour cent du PIB en 2024 et à -3 pour cent du PIB en 2025. Le ratio dette/PIB devrait se réduire de manière constante pour atteindre 48,9 pour cent en 2024 et 47,4 pour cent en 2025. Le solde du compte courant devrait se réduire à -6,1 pour cent du PIB en 2024, puis à -5,1 pour cent en 2025, grâce à l’accélération de la production de pétrole brut et à l’augmentation des recettes d’exportation y relatives.
Défis à relever
La fragilité de la situation politique pèse lourdement sur les projections, aggravée par l’insécurité persistante dans le pays. Le changement climatique menace également la production agricole. Plus important encore, la décision de quitter la CEDEAO entraînera des conséquences négatives pour le pays et sa population, puisque plus de 40 pour cent de ses exportations sont destinées à la Communauté de la CEDEAO. Une application stricte à l’accord de libre-échange de la CEDEAO signifierait que le pays pourrait devoir faire face à des coûts supplémentaires s’il devait continuer à commercer avec le bloc après en être sorti.