Message du Président de la BIDC à l’occasion de la journée Internationale des Droits de la Femme 2026
Placée sous le thème « Donner pour recevoir », la Journée Internationale des Droits de la Femme, célébrée cette année, nous rappelle que l’investissement significatif en faveur des femmes n’est pas seulement un impératif moral, mais aussi un moyen sûr de parvenir à une croissance inclusive, à des communautés résilientes et à un développement durable. Actrices du changement social et moteurs de la résilience économique, les femmes figurent parmi les taux d’activité entrepreneuriale les plus élevés au monde.
Cependant, ces opportunités demeurent pour l’essentiel inexploitées en raison de lacunes persistantes. Les entreprises dirigées par des femmes en Afrique sont confrontées à un déficit de financement estimé à environ 40 à 42 milliards USD. Si ces capitaux étaient mobilisés, ils permettraient d’étendre les activités des entreprises, de créer des emplois et de multiplier les retombées sociales au sein de nos communautés. À l’échelle mondiale, les femmes restent sous-représentées aux postes de direction et dans les fonctions clés du secteur public, notamment dans des domaines essentiels, tels que la santé et l’éducation.
À la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC), nous prenons très à cœur le message « Donner pour recevoir » et nous le traduisons en programmes et en réformes institutionnelles. Dans la perspective du déploiement de notre nouvelle stratégie de croissance, de résilience et d’optimisation (GRO) (2026-2030), la parité entre les sexes et l’autonomisation des jeunes constituent des priorités fondamentales. Cette stratégie élargira non seulement des opportunités de financement ciblées pour les entreprises dirigées par des femmes et par les jeunes, mais elle intensifiera aussi l’assistance technique et le renforcement des capacités, puis consolidera les instruments de financement mixte afin de réduire les risques et d’attirer des capitaux privés en faveur des femmes entrepreneurs.
La Banque s’engage également à la mise en œuvre des politiques qui intègrent la dimension genre dans toutes ses opérations, notamment le Sceau de l’égalité des genres pour les institutions publiques (GES-PI), une initiative mise en œuvre en partenariat avec le PNUD et la Commission de la CEDEAO. L’objectif est d’intégrer des critères d’évaluation et des évaluations d’impact sensibles au genre pour les projets concernés, et de renforcer la collecte de données afin de garantir que les ressources et l’assistance technique parviennent aux femmes et aux communautés qui en ont le plus besoin.
La BIDC ne peut toutefois y parvenir seule. Les gouvernements doivent réformer les lois et les politiques qui excluent les femmes du monde du travail et des marchés, tandis que les partenaires du secteur privé doivent repenser leurs pratiques d’approvisionnement et leurs chaînes de valeur afin de les rendre inclusives du point de vue du genre. Les partenaires au développement devraient également soutenir les instruments qui réduisent les risques liés aux investissements privés dans les entreprises dirigées par des femmes, tels que les obligations sociales, tout en adoptant des indicateurs clés de performance, liés au genre pour les autres instruments de durabilité.
En cette Journée Internationale des Droits de la Femme, soyons clairs : donner n’est pas faire de la charité lorsqu’il s’agit d’une démarche stratégique. Lorsque nous fournissons aux femmes des capitaux, des compétences commerciales adaptées et un accès au marché, les retombées se multiplient dans les ménages et les communautés.
À toutes les femmes entrepreneurs, innovatrices, dirigeantes et actrices du changement de l’espace CEDEAO, la BIDC réaffirme sa confiance en votre potentiel et son engagement à nouer des partenariats structurants qui vous permettront d’amplifier et de pérenniser votre impact. À nos partenaires techniques et financiers, nous lançons un appel à l’action : unissons nos efforts pour combler les déficits persistants en matière de financement et de renforcement des capacités. Les données probantes, tout comme l’impératif moral, plaident sans équivoque en faveur d’un engagement accru et coordonné.
Célébrons les progrès que nous avons réalisés, tout en nous engageant à bâtir un avenir où les femmes pourront contribuer pleinement à la croissance économique, au développement et à l’amélioration des conditions de vie de leurs communautés.
Bonne Journée Internationale des Droits de la Femme !